Les journées du patrimoine 2020 – Hôtels particuliers du XVIe siècle

L’an dernier, j’étais partie sur les traces de Clémence Isaure. Cette année, pour Les journées du patrimoine 2020 j’ai choisi une visite guidée – Hôtels particuliers du XVIe siècle. C’est l’association Contrast qui menait la visite avec deux guides étudiantes en histoire de l’art. Elles transmettaient bien leu passion et savaient parfaitement doser les moments d’histoire avec les anecdotes. Par malchance, nous avons pris des cordes d’eau sur la tête au début de la visite.

Les briques ou les pierres

L’identité toulousaine est aujourd’hui associée à la brique foraine. Toutefois, pendant longtemps, on a essayé de cacher cette brique, matériau peu noble et peu résistant. Les plus riches faisaient des façades en pierre, qui coutait cher car elle venait de loin. Puis pendant longtemps, on a peint en blanc les façades pour ressembler à Paris. Aujourd’hui, la brique retrouve son cachet, mais au XVIè il valait mieux présenter une façade en pierre pour étaler sa richesse. Au XVIè siècle, les marchands de pastel et les parlementaires rivalisaient pour les façades de leurs hôtels particuliers et la pierre était de bon ton.

Un hôtel particulier du XVIè siècle, L’hôtel d’Assézat

Je ne présente plus le plus bel hôtel particulier de la ville, il abrite la fondation Bemberg où je vais souvent voir des expositions. Construit par Pierre d’Assézat à la fin de la période de succès du Pastel, à partir de 1555, il présente toutes les caractéristiques de la Renaissance, avec des colonnes empilées aux chapiteaux doriques, ioniques et corinthiens.

Il est attribué à l’architecte considéré comme le plus grand de l’époque à Toulouse, Nicolas Bachelier.  Cet hôtel particulier abrite aussi des sociétés savantes et académies de Toulouse. Parmi elles, la plus vieille société littéraire d’Europe créée en 1323 : l’Académie des Jeux floraux dont nous avions parlé l’an dernier avec Clémence Isaure.

L’hôtel de Bernuy

L’hôtel de Bernuy fut le premier « grand » hôtel du pastel à Toulouse. Je n’y suis rentrée qu’une seule fois il y a quelques années. Une très belle cour se cache derrière cette porte.  On note que les façades portent les portraits en médaillon en relief de la famille. L’idée était de montrer sa richesse pour accéder aux statut de notables de la ville.

Dans le cadre de la candidature de la ville au Patrimoine Mondial de L’UNESCO, les façades sont en cours de rénovation dans la ville, ce qui met en valeur toute la beauté des détails.

L’hôtel  de Bagis ou hôtel de Pierre

La façade colossale en pierre blanche impressionne malgré son état. Elle fut construite pour le président du parlement Jean de Bagis par l’architecte Nicolas Bachelier, encore lui! L’intérieur est encore plus intéressant, mais rarement accessible et en état lamentable (bonjour les histoires de copropriété)

Les Atlantes du portail d’entrée son parait-il mondialement connus. Ils étaient là pour montrer que les propriétaires connaissaient la mythologie et faisaient savoir au monde leur culture…

L’hôtel du Vieux-Raisin

Cet hôtel Renaissance au très riche décor sculpté s’est construit en deux temps. Entre 1515 et 1527 c’est un capitoul, Bérenger (Béringuier) Maynier, puis aux alentours de 1591 par Pierre de Lancrau, évêque de Lombez. Cependant, pas de chance, il était fermé…

L’hôtel Molinier

Cette fois, c’est un autre type de notable, un conseiller au parlement, Gaspard Molinier qui a fait construire cet hôtel particulier. Cette façade est spectaculaire par la présence de pierre blanche mais aussi de marbre. On dit que ces roches partaient au Louvre en construction. Le parlementaire surveillait le transfert des pierres depuis les Pyrénées jusqu’à Paris. Il en aurait mis de côté pour sa demeure…Je ne l’avais jamais remarqué ! La façade a subi un nettoyage au sable qui a endommagé certaines sculptures, c’est bien dommage.

Finalement, j’ai eu la chance d’entrer la cour qui m’a semblé la plus charmante parmi celles de la matinée. Regardez comme c’est beau, ces guirlandes d’abondance avec la vigne vierge !! C’est clairement mon coup de cœur pour cette visite.

Alors comme les photos le montrent, nous avons fait une partie de la visite sous la pluie, ce qui n’a en rien touché l’enthousiasme de nos deux guides. Toutefois, j’avoue que l’humidité m’a convaincue de rester chez moi le reste de la journée, alors qu’il y avait plein d’autres choses à voir ! Je suis malgré tout ravie d’avoir pu découvrir pendant Les journées du patrimoine 2020 – les Hôtels particuliers du XVIe siècle à Toulouse.

Rédigé par

anne

" Le monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page."
 

Saint Augustin