Ces dernières années, j’avais toujours un devoir surveillé le samedi des JEP, et donc un week-end de corrections qui m’attendait. Il m’était impossible de participer aux journées du patrimoine. Le calendrier ayant un peu tourné, cette année, j’étais libre et j’en ai profité pour m’inscrire à deux visites. La première était à la Toulouse School of Economics ou TSE.

L’histoire du lieu

La visite a commencé par une petite conférence par le conservateur des bibliothèques de l’université qui nous a rappelé l’histoire de la genèse de ce bâtiment. La partie « économie » de l’université de Toulouse est rattachée depuis longtemps aux sciences sociales. Toutefois, l’Économie dispose d’une fondation, la Fondation Jean-Jacques Laffont qui est manifestement assez riche grâce à du mécénat. C’est elle qui a financé 50% du montant de la construction, quand l’autre moitié a été prise en charge par l’État sur décision de Valérie Pécresse alors ministre de l’Enseignement Supérieur, en 2008. Cout total de l’opération, 54 millions d’euros tout de même.

La construction a été longue et pleine de péripéties car sur l’emplacement de l’ancien parking, on a évidemment trouvé des trésors dont le palais des rois Wisigoths. Il aurait fallu 15 ans de fouilles, mais l’excellence académique ne pouvait pas attendre si longtemps. La stratégie a donc été de bétonner avec 50 cm d’épaisseur au-dessus des sites archéologiques pour les protéger et éventuellement creuser plus tard.

Le projet du cabinet d’architectes

C’est le cabinet Grafton Architects qui a remporté le concours. Leur projet s’appuyait sur l’histoire de la ville, la place des briques, de la Garonne, l’importance de la vue sur les bâtiments patrimoniaux alentours, leur passion pour les ponts et leur goût pour l’origami.

La TSE a d’ailleurs permis à Yvonne Farrell et Shelley McNamara de remporter le prix Pritzker en2020. C’est aussi pour cette raison que j’étais curieuse d’y entrer.

Le bâtiment

Il s’articule autour d’escaliers en béton et d’une tour d’ascenseurs, avec la volonté que ce soit un lieu d’échanges qui construise une pensée citoyenne.

« Ce que nous essayons de faire dans notre travail, c’est d’être conscients des différents niveaux de citoyenneté et d’essayer de trouver une architecture qui traite de la superposition et qui intensifie la relation des uns avec les autres. Toulouse School of Economics présente des contreforts en briques, des rampes et des cours, qui sont des métaphores de la ville remplie de ponts, de murs, de promenades et de tours de pierre. »

Nous n’avons accédé qu’à une partie, avec un amphithéâtre servant pour les rencontres entre chercheurs, à la salle du Conseil d’Administration.

A chaque étage, des terrasses offrent des points de rencontre et de discussion pour les chercheurs, environ 250 si j’ai bien compris, plus les thésards et autres invités. Les étudiants de la TSE ont cours à l’Arsenal et dans le bâtiment de l’ancienne Manufacture des Tabacs seulement. Si j’ai des doutes quant à la vie ici en plein mois de janvier avec beaucoup de couloirs en extérieurs, je suis sure qu’aux beaux jours, on y est bien car les vues sur les alentours sont superbes.

La passerelle suspendue

C’est le plus beau point de vue de ce lieu, cette passerelle suspendue, en appui sur rien, qui domine le bâtiment et offre un panorama magnifique sur le Canal de Brienne, la Garonne et le dôme de la Grave au fond. On ne voyait pas trop les Pyrénées mais quand c’est dégagé, on doit les voir très bien ici (on les voit de mon lycée qui est juste à côté).

Voilà pour cette visite. Je suis très contente d’y avoir accédé, pour cette vue surtout, et pour un lieu qui s’intègre bien dans son environnement tout en ayant un caractère affirmé. Mais j’étais déçue de savoir que les étudiants n’y allaient pas non plus, seuls les chercheurs bénéficient de cet accès!

Rédigé par

anne

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