En route vers le désert tunisien

En route vers le désert tunisien

C’était ma deuxième visite en Tunisie. La 1ère fois, c’était avant la révolution, là, c’était un an après. J’aime beaucoup ce pays, sans trop savoir pourquoi. J’ai surtout en mémoire les paroles d’un tunisien qui me disait qu’ils n’avaient « pas fait la révolution pour avoir des barbus au pouvoir ni le droit d’avoir 3 femmes, qu’ils voulaient juste que les richesses soient mieux réparties et que chacun puisse trouver sa place ». Un monument à Tozeur rappelle les mots du poète Abou El Kacem Chebbi qui me semblent appropriés :

Donc, pour ce voyage, j’avais choisi de découvrir le désert, direction Tozeur. Arrivée de nuit à Djerba, transport en minibus jusqu’à Tozeur, il faut aimer les pistes et ne pas avoir mal au dos ! Voici les étapes jusqu’à Tozeur et la visite de la Palmeraie, pour commencer.

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Une maison troglodyte à Matmata.

Nous avions une étape sur le trajet pour visiter une maison troglodyte à Matmata, au sud-est du Chott el-Jérid, dans les contreforts du Djebel Daha. La maison est creusée dans la roche, avec un puits central plus ou moins circulaire, à ciel ouvert, et des pièces creusées tout autour. Les écarts de température sont ainsi réduits, et il y fait assez frais l’été pour que ce soit supportable. La femme Berbère qui nous accueille a préparé une sorte de pain plat que l’on trempe dans un délicieux mélange d’huile et de miel (peu calorique, vous vous en doutez) que l’on déguste avec le thé.

Une outre en peau de bête pend, suspendue à un mur. De nombreux tapis colorés habillent la maison. La femme les tisse, sur un métier rudimentaire, et moud elle-même son grain pour faire le pain avec une meule en pierre bien lourde. Seules deux poupées sur le lit de la petite fille nous indiquent dans quelle époque on est. Bien que les conditions soient rudes, ces Berbères semblent préférer leur maison à celles qu’on leur propose dans la « nouvelle Matmata ». Quelques animaux paissent autour la maigre herbe qu’ils trouvent dans le sable.

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Le Chott el-Jérid.

Pour rejoindre Tozeur, l’unique route traverse ensuite le Chott el-Jérid. J’étais loin d’imaginer un endroit pareil. C’est une immense plaine saline (sebhka pour les géologues). Quand je dis immense, c’est tout de même 5000 km2, un peu plus grand que les marais salants de l’île de Ré que je connaissais !

Une croûte d’argile sert de support à une mince couche d’eau qui s’évapore l’été et laisse place à une mince couche de sel. La route a été construite sur une digue et permet d’aller jusqu’à Tozeur. Quand on s’arrête, par endroits, on ne peut pas distinguer l’horizon qui se fond littéralement au ciel, c’est vraiment très beau.

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Un tour dans la Palmeraie de Tozeur

Pour visiter la palmeraie, il suffit de demander à un conducteur de calèche devant l’un des hôtels, qui vous conduira pour quelques dinars dans les zones autorisées. D’une superficie de 1000 hectares, la palmeraie abrite 400 000 arbres. Ils étaient autrefois irrigués par des sources, aujourd’hui remplacés par des forages. La nappe phréatique est surexploitée, en grande partie à cause des hôtels et du golf (un comble au milieu du désert, pour une fréquentation dérisoire), mais l’utilisation du goutte à goutte a permis de faire des économies. Des cultures se font sous les palmiers.

La fécondation est faite manuellement car elle serait insuffisante pour produire beaucoup de dattes si elle reposait seulement sur le vent et les insectes. Des hommes montent au sommet des palmiers mâles en mars-avril et coupent les branches porteuses de pollen pour aller les agiter sur les pieds femelles, l’espèce étant dioïque. Ce n’est pas une opération sans risque, et pas très rapide non plus.  Pensez-y la prochaine fois que vous dégusterez ces fruits (on m’a conseillé d’en manger 5 chaque matin avec une cuiller de miel pour tenir toute la matinée, amis du sucre, bonjour !).

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La suite très bientôt…

19 Comments

  1. Superbe Tozeur ! Nous y fûmes aussi il y a de ça assez longtemps mais ça n’a pas changé ni la balade en calèche dans la palmeraie… par contre on n’avait pas remarqué ces fleurs splendides : merci Anne !

  2. Photos splendides, paysages magnifiques….merci encore Anne, notre reporter touristique, pour ce beau partage ! Vivement le prochain voyage…

  3. De beaux souvenirs pour moi également le sud de la Tunisie, des souvenirs qui ont … 16 ans. Mais ça avait été un voyage malheureusement bien trop court, trois jours entre Djerba et Tozeur aller-retour, à un rythme effréné voulu par un voyage organisé.
    Tout comme toi, c’est le Chott el-Jérid qui m’avait le plus fasciné, mais là encore, passage bien trop rapide. Je n’ai jamais été un grand fan des voyages organisés pour ça. J’aime avoir le temps d’apprécier pleinement un lieu.
    Très joli ton portrait souriant à Matmata 🙂

    • Oui, c’est ça, on a passé 3 jours dans le 4×4, 1200 bornes en tout, du grand n’importe quoi !!!

      • C’est vraiment dommage! D’ailleurs, Tozeur souffre de ce tourisme là, qui ne fait que passer à toute allure et ne trouve aucun charme à la ville après avoir parcouru tant de kilomètres. Les gens n’y restent pas assez et n’y reviennent pas, ou pas assez en tout cas. Alors que c’est si beau!

  4. Superbes photos. J’aime beaucoup la Tunisie, j’ai eu l’occasion d’y aller deux fois. Le soleil fait plaisir, surtout en hiver 🙂

    • C’est vrai, moi aussi, j’y suis allée plusieurs fois et j’ai encore envie d’y retourner!

  5. Je ne connais pas la Tunisie, par contre je retourne au Maroc en juin, j’y suis allée deux fois déjà !
    Belle fin de journée, bisous !
    Cathy​

  6. Bonjour Anne. J’ai choisi ce matin de te suivre en Tunisie et certaines de tes photos me rappellent de beaux souvenirs. Le Chott El Jerid, en revanche, moi je l’ai vu totalement sec et sur ton image il prend une toute autre dimension avec l’eau et les reflets. Très beau.
    Merci pour ce petit moment dépaysant.

    • Ah, je n’avais pas pensé qu’il pouvait être sec. Il est si beau ainsi!

  7. Quelles sont belles toutes ces photos de cette région fascinante que j’ai visitée à plusieurs reprises. Le Chott El-Jérid était différent à chacun de mes passages!
    Bonne soirée

    • Quelqu’un m’a déjà fait cette remarque. Je n’y avais pas pensé, mais c’est vrai que selon le niveau d’eau, le paysage doit être très différent. Quel bel endroit en tout cas!

N'hésitez pas à me laisser un commentaire ci-dessous, je les lis tous avec plaisir! Merci!

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